8 oct. 2026
Batterie AC ou DC : quelle configuration choisir pour votre installation photovoltaïque ?
L'endroit où la batterie est connectée modifie le parcours de l'énergie, la compatibilité avec l'onduleur et la facilité d'installation. Voici comment faire le bon choix.

Lors du choix d’une batterie pour une installation photovoltaïque, la capacité exprimée en kWh n’est pas le seul critère à prendre en compte. Il est tout aussi important de comprendre comment raccorder le stockage à l’installation, car cette configuration détermine le nombre de conversions de l’énergie, la compatibilité entre la batterie et l’onduleur, la possibilité de conserver les équipements existants et la complexité des travaux.
La principale distinction oppose le stockage couplé en DC, raccordé côté courant continu, au stockage couplé en AC, intégré côté courant alternatif.
Avant de comparer ces deux solutions, il faut donc comprendre où ont lieu les conversions et comment l’énergie circule dans le système.
Que signifient AC et DC dans un système de stockage ?
Les panneaux photovoltaïques produisent de l’électricité en courant continu, désigné par le sigle DC, de l’anglais Direct Current. Les cellules d’une batterie fonctionnent également en courant continu.
Le réseau électrique et la plupart des appareils domestiques utilisent, en revanche, du courant alternatif, désigné par le sigle AC, de l’anglais Alternating Current. Un onduleur est donc nécessaire pour convertir l’électricité produite par les panneaux et la rendre utilisable dans le logement.
Les expressions AC-coupled et DC-coupled ne désignent pas deux technologies ou deux compositions chimiques de batterie. Elles indiquent le point de raccordement du système de stockage :
dans un système couplé en DC, la batterie est raccordée côté courant continu et généralement pilotée par un onduleur hybride ;
dans un système couplé en AC, la batterie est raccordée côté courant alternatif et utilise son propre onduleur bidirectionnel.
La différence concerne donc l’architecture de l’ensemble de l’installation : conversion, pilotage des flux, compatibilité, câblage, suivi et maintenance.
Comment fonctionne le stockage couplé en DC ?
Dans un système couplé en DC, les panneaux et la batterie partagent le côté courant continu de l’installation. Un onduleur hybride coordonne la production photovoltaïque, le stockage, les consommations du logement et les échanges avec le réseau.
Le parcours de l’énergie destinée à la batterie peut être résumé ainsi :
panneaux en DC → régulation → batterie en DC
Lorsque la batterie alimente le logement, le flux devient :
batterie en DC → onduleur hybride → appareils en AC
Le stockage DC n’est donc pas dépourvu de conversions. Son avantage est que l’énergie solaire destinée à la batterie n’a pas besoin d’être d’abord convertie en courant alternatif, puis reconvertie en courant continu.
Le rôle de l’onduleur hybride
L’onduleur hybride constitue le centre de pilotage de cette configuration. Son intégration avec le BMS, ou système de gestion de la batterie, fait partie des éléments qui déterminent le fonctionnement d’une batterie de stockage au sein de l’installation. Il peut gérer :
l’énergie produite par les panneaux ;
l’alimentation des appareils domestiques ;
la charge et la décharge de la batterie ;
le prélèvement sur le réseau et l’injection ;
une éventuelle réserve pour l’alimentation de secours ;
les limites de puissance et les priorités définies.
Lorsque la production dépasse la consommation du logement, l’onduleur peut diriger le surplus vers la batterie. Lorsque le photovoltaïque ne suffit plus, le stockage peut réduire les prélèvements sur le réseau, dans les limites de sa puissance et de son état de charge.
Cette intégration permet de concevoir un système compact, mais exige une compatibilité précise. La batterie et l’onduleur doivent être compatibles en matière de tension, de courant, de puissance et de protocole de communication avec le BMS. Vérifier les seules caractéristiques électriques ne suffit donc pas : la combinaison doit être officiellement prise en charge par le fabricant.
L’emplacement doit également respecter les prescriptions techniques du système. La température, la ventilation, l’accessibilité et la protection contre les intempéries influencent le choix de l’endroit où installer une batterie de stockage.
Pourquoi le couplage DC est fréquent dans les installations neuves
Lorsque les panneaux et la batterie sont installés en même temps, l’ensemble peut être dimensionné comme un système cohérent. Le concepteur peut coordonner :
la puissance et la configuration des panneaux ;
les entrées MPPT et la tension des chaînes de panneaux ;
l’onduleur hybride ;
la capacité et la puissance de la batterie ;
l’alimentation de secours ;
les usages futurs, comme une pompe à chaleur ou une voiture électrique.
Il n’y a, par ailleurs, aucun onduleur existant en bon état à remplacer. C’est pourquoi le couplage DC constitue souvent une solution plus simple à concevoir pour une installation neuve.
Comment fonctionne le stockage couplé en AC ?
Dans un système couplé en AC, le photovoltaïque et la batterie forment deux sous-systèmes distincts. Les panneaux conservent leur onduleur photovoltaïque, tandis que la batterie dispose d’un convertisseur bidirectionnel dédié.
Lors de la charge à partir du photovoltaïque, le parcours est le suivant :
panneaux en DC → onduleur photovoltaïque → réseau intérieur en AC → onduleur de batterie → batterie en DC
Lors de la décharge :
batterie en DC → onduleur de batterie → appareils en AC
Par rapport au couplage DC, l’énergie solaire stockée passe donc par des conversions supplémentaires. En contrepartie, la batterie peut être intégrée sans intervenir directement sur les chaînes de panneaux et sans nécessairement remplacer l’onduleur existant.
Comment le surplus photovoltaïque est-il géré ?
Le système de stockage AC peut piloter son fonctionnement à partir d’un dispositif de mesure installé au point de raccordement. Si le photovoltaïque produit 5 kW et que le logement en consomme 2, le dispositif détecte un surplus de 3 kW que la batterie peut absorber, dans les limites de sa puissance de charge.
Lorsque la production et le stockage ne couvrent pas les consommations, le réseau fournit la différence. Les capteurs et les dispositifs de mesure doivent toutefois être correctement installés et configurés : un appareil placé au mauvais endroit peut compromettre le pilotage des flux.
Pourquoi le couplage AC convient à l’ajout d’une batterie
Le stockage AC est particulièrement intéressant lorsque l’installation photovoltaïque fonctionne déjà et que son onduleur :
est récent et fonctionne correctement ;
est encore sous garantie ;
ne nécessite pas de remplacement pour une autre raison ;
n’est pas prévu pour accueillir une batterie compatible.
Dans ces situations, remplacer un onduleur encore performant uniquement pour installer un modèle hybride peut augmenter inutilement les coûts et la complexité. Un système AC permet d’ajouter le stockage comme un sous-système distinct.
L’ajout d’une batterie nécessite néanmoins une vérification technique complète. Il ne suffit pas de la raccorder au tableau électrique : les protections, les mesures, la puissance, la configuration du réseau et les démarches applicables doivent être examinées.
En France, les démarches doivent être vérifiées auprès du gestionnaire de réseau, Enedis ou l’entreprise locale de distribution concernée, selon le raccordement existant et le mode d’exploitation. Les conditions d’autoconsommation sans injection décrites par Enedis prévoient une déclaration même sans injection et indiquent qu’une attestation de conformité Consuel est exigée en cas d’ajout de batterie. Si l’installation bénéficie d’un contrat de vente de l’électricité, il faut également vérifier que la modification respecte ses conditions.
Stockage AC et DC : quelles différences ?
La principale différence concerne le point de raccordement. Avec le stockage DC, la batterie se trouve côté courant continu et est généralement pilotée par un onduleur hybride. Avec le stockage AC, le photovoltaïque conserve son onduleur et la batterie utilise un second onduleur bidirectionnel, raccordé au réseau électrique intérieur du logement.
Le parcours de l’énergie change lui aussi. En DC, l’énergie produite par les panneaux peut atteindre la batterie sans être préalablement convertie en courant alternatif. En AC, elle est convertie de DC en AC par l’onduleur photovoltaïque, puis de AC en DC par l’onduleur de batterie.
Le DC est donc souvent plus simple lorsque le photovoltaïque et le stockage sont conçus et installés ensemble. L’AC peut être plus facile à intégrer et nécessiter moins de modifications lorsqu’une batterie est ajoutée à une installation existante, surtout si l’onduleur photovoltaïque est récent et n’a pas besoin d’être remplacé.
La compatibilité représente une autre différence importante. Dans les systèmes DC, la batterie et l’onduleur doivent former une combinaison officiellement prise en charge et communiquer correctement. Dans les systèmes AC, la batterie dépend moins de l’onduleur photovoltaïque, mais doit rester compatible avec le réseau, les dispositifs de mesure et la configuration électrique du bâtiment.
Le DC présente généralement une architecture plus intégrée et moins d’appareils distincts. L’AC nécessite deux onduleurs, tout en maintenant davantage d’indépendance entre la production photovoltaïque et le stockage. Cette séparation peut être utile pendant la maintenance : le photovoltaïque peut continuer à produire lorsque le sous-système de stockage est indisponible, si la configuration de l’installation le permet.
Dans les deux cas, les possibilités d’extension dépendent des limites déclarées par le fabricant. En DC, elles sont souvent liées à l’onduleur et à l’écosystème choisi. En AC, l’architecture peut être plus modulaire, sans être pour autant dépourvue de contraintes de puissance, de capacité ou de compatibilité entre des modules installés à différentes dates.
Enfin, ni le couplage DC ni le couplage AC ne garantit automatiquement le fonctionnement pendant une coupure de courant. Dans les deux cas, il faut un onduleur adapté, un dispositif de commutation, une séparation sûre du réseau public et des circuits dimensionnés pour les appareils à alimenter.
Quel système offre le meilleur rendement ?
À composants et conditions comparables, le DC peut offrir un meilleur rendement pour le transfert de l’énergie des panneaux vers la batterie, car il évite une conversion intermédiaire en courant alternatif.
Dans un système AC, le cycle photovoltaïque-batterie-logement comprend normalement trois étapes :
conversion de DC en AC par l’onduleur photovoltaïque ;
conversion de AC en DC pour charger la batterie ;
conversion de DC en AC lors de la décharge.
Cela ne permet pas d’attribuer un pourcentage de pertes universel à chaque architecture. Le rendement réel dépend de l’onduleur, de la batterie, de la puissance instantanée, de la température, de l’état de charge, des consommations auxiliaires et du point de mesure.
Le rendement aller-retour, ou round-trip efficiency, correspond au rapport entre l’énergie restituée et l’énergie utilisée pour charger le système. Pour comparer correctement deux valeurs, le périmètre de mesure et les conditions d’essai doivent être identiques, avec un état de charge initial et final comparable. Il faut notamment vérifier si le chiffre annoncé concerne uniquement les cellules, le côté DC ou l’ensemble du système côté AC.
Le rendement n’est toutefois pas le seul critère. Remplacer un onduleur récent pour gagner quelques points de rendement peut être moins pertinent, sur le plan économique comme en matière d’utilisation des équipements, que l’ajout d’un stockage AC.
Compatibilité et possibilités d’extension
Dans un système DC, la batterie doit être approuvée pour l’onduleur choisi. La compatibilité doit porter sur :
la tension de fonctionnement ;
le courant maximal ;
la puissance de charge et de décharge ;
le protocole de communication ;
les versions du matériel et du micrologiciel.
Une extension future dépend du nombre maximal de modules pris en charge, de la capacité totale autorisée et des règles du fabricant concernant l’association de batteries installées à des dates différentes.
Le système AC réduit la dépendance à l’onduleur photovoltaïque, mais ne rend pas la batterie compatible avec tous les bâtiments. Des contraintes subsistent concernant le raccordement monophasé ou triphasé, les protections, les dispositifs de mesure, la puissance disponible et les fonctions de secours.
Nombre de composants et maintenance
Un système DC peut réduire le nombre d’appareils distincts et simplifier le câblage ainsi que le suivi. En contrepartie, l’onduleur hybride devient un élément central : une panne peut affecter à la fois la production et le stockage.
Dans un système AC, les deux onduleurs augmentent le nombre de composants et les consommations auxiliaires, tout en séparant davantage les fonctions. Lorsque le sous-système de stockage est arrêté pour maintenance, le photovoltaïque peut continuer à produire avec son propre onduleur, sous réserve que l’intervention ne nécessite pas l’arrêt de l’ensemble de l’installation.
La fiabilité ne dépend donc pas uniquement du nombre de composants. La qualité de la conception, de l’installation, du service après-vente et la disponibilité des pièces détachées comptent également.
Installation neuve ou existante : quand choisir le DC ou l’AC ?
La situation de départ constitue généralement le critère décisif.
Installation neuve avec batterie dès le départ
Lorsque le photovoltaïque et le stockage sont installés ensemble, le DC est souvent la solution la plus naturelle. Il permet de concevoir de manière coordonnée l’onduleur, la batterie, les panneaux, la puissance de décharge, l’alimentation de secours et la gestion de l’énergie.
Un système AC peut néanmoins convenir si l’on souhaite des sous-systèmes indépendants ou si une solution particulière présente des caractéristiques mieux adaptées au projet. Le choix doit toujours s’inscrire dans le dimensionnement global de l’installation photovoltaïque avec stockage, en tenant compte de la production, de l’autoconsommation et du profil des prélèvements sur le réseau.
Installation préparée pour une future batterie
Si la batterie doit être ajoutée ultérieurement, les principales possibilités sont :
installer dès le départ un onduleur hybride prévu pour accueillir une batterie ;
conserver un onduleur photovoltaïque classique et ajouter ensuite un stockage AC ;
remplacer ultérieurement l’onduleur par un modèle hybride.
La première option est pertinente lorsque l’ajout de la batterie est prévu à relativement court terme et que sa compatibilité future est suffisamment claire. Si l’achat est repoussé de plusieurs années, il faut tenir compte des évolutions possibles des gammes, des protocoles et de la disponibilité des modules.
Installation existante avec un onduleur récent
C’est généralement la situation la plus favorable au stockage AC. Si l’onduleur fonctionne bien et reste sous garantie, le conserver peut réduire les coûts et l’ampleur des travaux.
Installation existante avec un onduleur à remplacer
Si l’onduleur est ancien, défectueux ou ne répond plus aux besoins, son remplacement peut être l’occasion d’adopter un onduleur hybride et un stockage DC. Cette évaluation est particulièrement pertinente lorsque le projet comprend également une extension du photovoltaïque, une alimentation de secours, la recharge d’une voiture électrique ou l’association d’un système photovoltaïque avec stockage à une pompe à chaleur.
La configuration choisie modifie le schéma de l’installation photovoltaïque avec stockage, en influençant les raccordements entre les panneaux, l’onduleur et la batterie, ainsi que les flux d’énergie vers les appareils domestiques.
Capacité, puissance et raccordement électrique
Le choix entre AC et DC doit s’accompagner d’un dimensionnement adapté. La capacité et la puissance désignent deux caractéristiques différentes :
la capacité, exprimée en kWh, indique la quantité d’énergie qui peut être stockée ;
la puissance, exprimée en kW, indique la puissance électrique qui peut être fournie ou absorbée à un instant donné.
Une batterie de 10 kWh ne fournit pas nécessairement 10 kW. Si sa puissance continue est de 5 kW, elle ne peut pas assurer seule une recharge automobile à 7,4 ou 11 kW, en plus des autres consommations domestiques. Le réseau ou le photovoltaïque devra fournir la différence, ou le système devra ajuster la puissance des appareils.
Dans une installation triphasée, il faut également vérifier la répartition de la production, du stockage et des consommations entre les phases. Une batterie monophasée peut contribuer au bilan énergétique du logement, mais cela ne signifie pas qu’elle pourra alimenter tous les appareils triphasés pendant une coupure de courant.
Une batterie AC ou DC fonctionne-t-elle pendant une coupure de courant ?
Pas automatiquement. Une installation photovoltaïque classique raccordée au réseau doit cesser d’injecter lorsque l’alimentation publique est interrompue, afin de ne pas maintenir sous tension une ligne qui doit être isolée.
Pour continuer à alimenter certains appareils, il faut :
un onduleur prévu pour une fonction EPS ou une alimentation de secours ;
un dispositif de commutation et de séparation du réseau public ;
un circuit dédié aux appareils prioritaires ou une installation conçue pour alimenter l’ensemble du logement ;
une batterie avec une puissance et un état de charge suffisants ;
une configuration adaptée au raccordement monophasé ou triphasé.
La présence d’une batterie ne suffit donc pas. L’alimentation de secours dépend de l’architecture globale, et pas uniquement du choix entre AC et DC.
Il faut aussi vérifier si les panneaux pourront continuer à produire et à recharger la batterie pendant la coupure. Cette possibilité dépend des fonctions de l’onduleur et de la configuration prévue pour le fonctionnement isolé du réseau. Une fonction de secours n’équivaut pas nécessairement à une alimentation sans interruption : le temps de commutation peut entraîner une brève coupure pour les équipements sensibles.
Stockage AC ou DC avec une voiture électrique et un EMS
Lorsqu’un logement dispose d’une voiture électrique, d’une pompe à chaleur ou d’autres appareils dont le fonctionnement peut être décalé, la coordination des flux devient plus importante que la seule capacité de la batterie.
Si la voiture est branchée pendant les heures de production solaire, la recharge directe avec le photovoltaïque évite de stocker d’abord l’énergie dans la batterie domestique pour la restituer peu après. Si le véhicule rentre le soir, le stockage peut reporter une partie de la production solaire vers les usages nocturnes, mais l’intérêt dépend de la puissance disponible, des pertes, des distances parcourues et du contrat d’électricité.
Un système de gestion de l’énergie, ou EMS (Energy Management System), peut coordonner le photovoltaïque, la batterie, le réseau, les consommations du logement et la recharge du véhicule. Il peut, par exemple :
charger la voiture lorsqu’un surplus photovoltaïque est disponible ;
réduire la puissance de recharge lorsque d’autres appareils démarrent ;
maintenir une réserve dans la batterie pour l’alimentation de secours ;
éviter des transferts d’énergie peu avantageux ;
limiter les pointes de puissance prélevée sur le réseau.
Dans un système DC, l’onduleur hybride et la batterie peuvent être pilotés au sein du même écosystème. Dans un système AC, l’EMS doit coordonner des sous-systèmes plus indépendants. Les deux architectures peuvent fonctionner efficacement : le résultat dépend de la qualité de l’intégration et de la disponibilité de données fiables sur les flux énergétiques.
En France, une option heures pleines/heures creuses peut également influencer la stratégie de fonctionnement. Charger une batterie depuis le réseau, lorsque cette fonction est disponible et autorisée dans la configuration retenue, doit être évalué en tenant compte de l’écart tarifaire, des pertes et de l’usure de la batterie. Un tarif moins élevé pendant certaines heures ne suffit pas à garantir la rentabilité de cette stratégie.
Coûts : quelle configuration est la plus avantageuse ?
Il n’est pas exact d’affirmer que le stockage DC coûte toujours moins cher ou que l’AC est nécessairement plus économique.
Dans une installation neuve, le DC peut réduire le nombre d’onduleurs et certains câblages. Dans une installation existante, il peut toutefois nécessiter le remplacement de l’onduleur et des modifications des chaînes de panneaux.
Le système AC ajoute un onduleur dédié à la batterie, mais peut éviter de remplacer des composants encore performants. La comparaison doit donc porter sur le coût total du système installé, en incluant :
la batterie et sa capacité utilisable ;
l’onduleur et sa puissance continue ;
les protections et les dispositifs de mesure ;
la fonction d’alimentation de secours ;
l’installation et la configuration ;
les démarches administratives ;
le suivi, la garantie et le service après-vente ;
les possibilités d’extension.
Deux batteries de même capacité peuvent offrir des performances très différentes. Le coût d’une batterie pour une installation photovoltaïque doit donc être évalué avec sa capacité utilisable, sa puissance disponible et les composants nécessaires à son intégration, en tenant compte du coût total de la configuration retenue.
Comment choisir entre stockage AC et DC ?
Avant de prendre une décision, il est utile de répondre aux questions suivantes :
L’installation photovoltaïque est-elle neuve ou déjà en service ?
L’onduleur existant est-il récent, performant et encore sous garantie ?
La batterie et l’onduleur sont-ils officiellement compatibles ?
Quelle quantité d’énergie est réellement injectée sur le réseau chaque année ?
Quelle puissance la batterie doit-elle fournir ?
Une alimentation de secours est-elle nécessaire et quels appareils doit-elle alimenter ?
Le raccordement est-il monophasé ou triphasé ?
Une voiture électrique, une pompe à chaleur ou des extensions sont-elles prévues ?
Le système pourra-t-il évoluer et bénéficier d’un support technique dans la durée ?
Quel est le coût total des travaux, au-delà du seul prix de la batterie ?
Le stockage DC est souvent privilégié lorsque :
l’installation est neuve ;
les panneaux et la batterie sont installés ensemble ;
l’onduleur existant doit de toute façon être remplacé ;
un système intégré est souhaité ;
l’onduleur et la batterie appartiennent à un écosystème compatible ;
l’objectif est de rendre plus direct le parcours de l’énergie entre les panneaux et le stockage.
Le stockage AC est souvent privilégié lorsque :
l’installation photovoltaïque fonctionne déjà ;
l’onduleur est récent et en bon état ;
on souhaite éviter de modifier les chaînes de panneaux ;
on recherche une intégration nécessitant moins de travaux ;
des sous-systèmes plus indépendants sont préférés ;
la batterie est ajoutée dans un second temps.
Les erreurs à éviter
Penser que le DC est toujours meilleur
Le couplage DC réduit généralement les conversions entre le photovoltaïque et la batterie, mais peut imposer des contraintes de compatibilité ou nécessiter le remplacement d’un onduleur encore adapté.
Considérer l’AC comme nécessairement inefficace
Le système AC comporte des conversions supplémentaires, mais peut constituer la solution la plus rationnelle lors de l’ajout d’une batterie à une installation existante.
Choisir uniquement en fonction des kWh
La capacité doit être évaluée avec la puissance, la capacité utilisable, le rendement, les possibilités d’extension et le profil réel des consommations.
Confondre stockage et alimentation de secours
Une batterie ne garantit pas automatiquement une alimentation pendant une coupure de courant. Cette fonction nécessite du matériel, un dispositif de commutation et des circuits conçus à cet effet.
Négliger la compatibilité et le service après-vente
L’onduleur, la batterie, le BMS, les dispositifs de mesure et les logiciels doivent fonctionner ensemble pendant de nombreuses années. Le support technique et la disponibilité des pièces détachées peuvent compter davantage qu’une petite différence entre deux fiches techniques.
Questions fréquentes sur le stockage AC ou DC
Quelle est la différence entre le stockage AC et DC ?
Dans un système couplé en DC, la batterie est raccordée côté courant continu, généralement par l’intermédiaire d’un onduleur hybride. Dans un système couplé en AC, elle est raccordée au réseau intérieur en courant alternatif et utilise un onduleur dédié.
Quel système offre le meilleur rendement ?
À conditions comparables, le DC peut offrir un meilleur rendement entre les panneaux et la batterie, car il évite certaines conversions. Le rendement réel dépend toutefois des composants, de la puissance et des conditions de fonctionnement.
Quelle configuration convient le mieux à une installation existante ?
Le stockage AC est souvent plus pratique lorsqu’on souhaite conserver un onduleur photovoltaïque récent. Si l’onduleur doit être remplacé, il peut être pertinent d’envisager un système DC avec un onduleur hybride.
Peut-on ajouter une batterie sans remplacer l’onduleur ?
Oui, dans de nombreux cas, avec un stockage AC doté d’un onduleur bidirectionnel. L’installation doit néanmoins être vérifiée par un professionnel et adaptée aux prescriptions applicables, y compris aux démarches auprès du gestionnaire de réseau et aux exigences de conformité.
La batterie fonctionne-t-elle pendant une coupure de courant ?
Uniquement si le système dispose d’une fonction d’alimentation de secours adaptée. Il faut un onduleur compatible, une séparation sûre du réseau public, un dispositif de commutation et des circuits dimensionnés pour les appareils à alimenter.
Quelle configuration choisir pour une voiture électrique ?
Le choix ne dépend pas uniquement du couplage AC ou DC. La puissance de la batterie, la présence du véhicule pendant les heures de production solaire, la borne de recharge, le profil des consommations et le système de gestion de l’énergie sont également déterminants.
Stockage AC ou DC : le choix dépend de l’ensemble du système
Comparer le stockage AC et DC ne revient pas simplement à choisir l’architecture qui comporte le moins de conversions.
Le système DC offre un parcours plus direct entre les panneaux et la batterie. Il est souvent adapté lorsque le photovoltaïque, l’onduleur et le stockage sont conçus ensemble. Le système AC offre davantage d’indépendance entre la production et le stockage et peut mieux convenir à une installation existante, puisqu’il permet de conserver l’onduleur photovoltaïque.
Le choix doit partir des données réelles : production, énergie injectée sur le réseau, consommations du soir, pointes de puissance, présence du véhicule pendant la journée et besoins d’alimentation de secours. Cette analyse permet de déterminer la configuration réellement adaptée au logement.
La valeur du stockage ne dépend pas uniquement de la batterie, mais de la manière dont les panneaux, les onduleurs, le réseau, le logement et la recharge automobile fonctionnent ensemble. Le stockage permet de rendre disponible une partie de l’énergie solaire à un autre moment que celui de sa production. Une conception cohérente peut ainsi augmenter l’autoconsommation et rendre la gestion énergétique du logement plus flexible, dans les limites de la capacité, de la puissance et du rendement du système.
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